R. se réveille en sifflant ; il a rêvé d’une représentation solennelle à Bayreuth, mais seulement du Vaisseau fantôme et de Tannhäuser qu’il dirigeait de son piano d’une pièce contiguë à l’aide d’une glace ; Schröder-Devrient et quelques autres amis intimes, qui préféraient être avec lui plutôt que dans la salle, l’entouraient; les couronnes et les fleurs l’empêchaient d’ouvrir le piano; soudain, il entendait des notes étranges, il courait dans la salle et voyait les « vagues de la mer », un ballet de Servais intercalé dans Le Vaisseau fantôme, lui disaient ses chanteurs; « et vous avez accepté cela! », s’écriait-il en revenant en courant et en sifflant très fort !…
Dépêche de Madrid [1] nous annonçant que Rienzi y a été donné avec grand succès. – M. Hoffmann fait une tournée avec La Walkyrie et Le Crépuscule des dieux et on ne peut pas l’en empêcher !… Un huissier fait annoncer sa visite et nous nous cassons la tête pour en trouver les raisons ; tout ce qui est possible et impossible passe par la tête de R. et nous apprenons à notre grand amusement qu’une femme de Vienne a fait mettre une saisie sur les revenus que toucherait M. Scaria ici; il lui doit 25 800 thaler qu’elle lui a prêtés sous garantie. Nous sommes du moins heureux d’avoir une explication de l’incroyable comportement de Scaria! — Le soir, Don Quichotte.
[1] Texte joint : « Hier première représentation de Rienzi à l’Opera royal avec beaucoup d’éclat; grand succès pour l’opéra et les artistes, particulièrement pour Tamberlick et Mme Pouzzoni. Je félicite le grand Maitre. Theodor Robles, Directeur. »
