R. est très énervé en constatant que nous ne recevons aucune nouvelle d’où que ce soit. Je révise les livres de comptes en répartissant les sommes en marks. L’après-midi, je vais chez M. Feustel pour parler à nouveau de différentes choses avec lui; R. décide d’aller à Bruxelles y donner des concerts si la somme de 40 000 francs proposée par monsieur Brassin lui est garantie. —
M. Jauner nous écrit tout naïvement (il n’est pas au courant de la lettre du fondé de pouvoir) pour nous dire que l’on continue de donner Tannhäuser ; les pires désagréments ne se sont donc pas encore produits. —
R. envoie 100 thaler à Kinowsky par l’intermédiaire de son neveu Jachmann; il pensait depuis longtemps lui réserver cette somme, car il ne veut pas que la conduite honteuse de sa belle-sœur l’empêche d’aider un pauvre homme. Si elle utilise par la suite cette somme pour exercer une nouvelle pression sur lui, il faudra que la police intervienne. Le soir, visite de M. Scherer, conseiller au gouvernement, il nous parle des fouilles archéologiques entreprises à Steinach. Nous prenons dans l’inquiétude des décisions au sujet des ainées. –
J’aimerais convaincre R. de reprendre sa biographie ; il me demande d’attendre que cette mauvaise période soit révolue ! Il pense toujours à renoncer à notre entreprise et à la manière dont il présentera la chose ! Nous y jouons notre vie ; j’ai proposé aujourd’hui à M. Feustel de donner en garantie ma fortune et de s’adresser pour cela à mon père ; il m’a promis de le faire, si « toutes les ficelles cassent » !
