Mimi écrit que M. von Bronsart veut organiser au profit de Bayreuth un concert où mon père jouera le concerto en mi bémol majeur [1]. M. von Bronsart semble avoir maintenant le courage d’exprimer ses anciennes convictions parce que M. von Hülsen est bien disposé. Des êtres pitoyables. —
Le soir, nous continuons de lire Goethe et Wolf et nous sommes toujours satisfaits du texte du professeur Bernay. Nous parlons longuement de la recherche de Goethe ainsi que de la tristesse de notre temps. —
Nous recevons un cahier du livre sur la guerre, la première phrase est déjà magnifique, c’est la simplicité de Tacite, sans l’affectation de brièveté de la phrase du Romain. R. n’aime et ne vénère plus que l’armée. —
Le soir, il me dit que moi seule lui apporte la joie, je suis tout ce qu’il a; j’ai été très touchée récem-ment, alors qu’une nuit, je méditais tristement, qu’il ait rêvé que j’étais à Munich dans la boutique d’un marchand; il venait m’y chercher, mais je restais à mon travail, disant tristement: « Il faut qu’il en soit ainsi, les enfants sont partis! »
[1] Il ne s’agit pas du premier concerto pour piano de Liszt, mais de celui de Beethoven (n° 5, op. 73) que Liszt avait joué en concert avec R. Wagner le 10 mars 1875 à Pest.
