Mardi 4 janvier (4 janvier 1876)

Cosima Wagner Journaux

Nous nous couchons soucieux et nous réveillons de même; R. a fait il y a peu de temps le bilan de l’année passée, beaucoup de choses negatives, peu de positives, Fürstner, Voltz, Batz, l’attitude de la presse après les répétitions, Richter, les expériences viennoises, Scaria et maintenant, K. König ! 

La menace des méchants est suspendue sur moi comme une épée de Damoclès (répétition de l’expérience faite avec Schnorr) ; cette menace, c’est le dernier des plumitifs qui la profère, trop heureux de nous jeter toute la boue qu’il peut trouver ; on semble admettre que j’aie quelque valeur et utilité aux yeux de R. et c’est la raison pour laquelle on m’implique dans toutes ces histoires. Comme j’accepterais facilement tout cela en ce qui me concerne, si je n’avais le sentiment que c’est notre cause qui est en question ! 

Cet après-midi, M. Feustel est venu me voir, il est d’humeur sombre ; la caisse royale n’envoie pas d’avance et il ne peut payer M. Brandt. Une lettre de Mme von Schleinitz me fait voir que la lettre de R. n’a fait aucune impression sur le prince. Bucher et elle pensant au Reichstag !Hélas M. Lasker y est le maître… 

Le soir, nous lisons Comme il vous plaira après que nous avons parlé, R. et moi, de tous ces ennuis ; la plus mauvaise humeur s’efface devant le plus divin des humours.



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