Belle lettre du Roi, il a véritablement compris la pensée de Bayreuth ! —
C’est notre plus grand succès ! Moins réjouissante, une lettre de Feustel qui nous annonce une dette totale d’environ 120 000 marks. R. et moi discutons de nos plans, de nos projets, des fatigues et des peines qui nous attendent, tout ce qui accompagne ordinairement nos efforts. —
Je vais seule à l’Académie parce que R. a peur de se fatiguer. Impressions inexprimables, comme si je n’avais jamais vu de couleurs ; une ascension : comme si j’avais entendu auparavant une Symphonie de Beethoven. Une Madone de Giovanni Bellini dans la même salle me ravit et les salles elles-mêmes, belles et riches au-delà de toute attente. Comme dans le conte ou mieux dans le puits de Montesino [1], on ne voit rien de l’extérieur et à l’intérieur, l’esprit est ébloui ! L’après-midi, promenade par les petits canaux. Le soir, R. malheureusement n’est toujours pas bien ; nous allons pourtant sur la place Saint-Marc.
[1] Caverne dans Don Quichotte, deuxième partie, chap. 22. Le mot est mal écrit, on lirait plutot » Montruios », mais cela n’aurait aucun sens.
