Dimanche 2 avril. (2nd avril 1876)

Cosima Wagner Journaux

J’écris à Emile Ollivier qui s’efforce de me rendre Claire de Charnacé suspecte ! J’écris également à Claire et à M. Tribert. Siegfried est enroué ; il a déclaré à table : « Mes journées ne me plaisent plus »; on lui a demandé pourquoi et il a répondu :  » Parce que tout le monde doit mourir. » Il se console à l’idée qu’il se passera encore bien du temps avant que tout le monde ne meure. Je crois que l’enfant pressent mon chagrin et je pense que si l’on peut mourir de chagrin, je mourrais maintenant ! Rubinstein a joué « Les adieux, l’absence et le retour » de Beethoven, cette partition fait revivre en moi les temps écoulés et j’ai pleuré, pleuré et prié ; un dieu me prendra-t-il en pitié ?…

Je ne peux penser à la représentation. O mon Dieu ! comme ce qui est dur est léger à un cœur trop lourd et comme le succès, quel qu’il soit, une satisfaction, quelle qu’elle soit, sont durs à porter !


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