Richter est le seul qui soit encore chez nous; nous allons ensemble voir le théâtre, triste impression, rien n’avancel… Nous revenons à la maison, nous trouvons une lettre de M. Jauner, heureux d’avoir La Walkyrie à Vienne (condition pour avoir Mme Maternai) [1]; il veut commencer à s’occuper tout de suite des décors. – – – R. est hors de lui; on ne nous a toujours pas envoyé les contrats nécessaires avec les choristes; tout là-bas est pourri et sans foi; et quelle grossièreté, R. n’a pas encore fini ici de mettre son œuvre sur pied avec une peine inexprimable qu’il faut déjà qu’il la prostitue à l’avance à Vienne! Dépêche de
M. Unger qui voudrait n’arriver que samedil.. Il est à Kassel auprès de sa fiancée! R. ne sait encore rien des progrès qu’il a pu faire. A 3 heures, dépêche de Mme Voggenhuber disant qu’elle n’a pu se libérer de ses obligations et qu’elle ne pourra donc chanter Sieglinde!… Tout cela en un seul après-midi! R. dit que ce que le destin nous impose est plus simple, mais la déloyauté des hommesl… Leur enthousiasme vulgaire!
[1] Joint au Journal un article de presse daté du 19 intitulé . Wagneriana » au sujet de La Walkyrie; nous en citons des extraits: . On se prépare en ce moment de la manière la plus brillante au Festival Wagner a Bayreuth. On installe avec faste sur les ordres venus de Munich le château de la ville afin d’y recevoir l’empereur qui a annoncé officiellement sa visite. Outre l’empereur, on attend dix ou douze princes allemands, régnants et non régnants. Le roi Louis ne rencontrera sans doute pas ses hôtes princiers, mais assistera quelques jours auparavant aux dernières répétitions. —
L’Opéra de Vienne sera la première scène allemande où sera donnée La Walkyrie après le Festival de Bayreuth. » L’article parle ensuite longuement du nouvel instrument (un alto) inventé par Hermann Ritter dont il a été question plus haut et que R Wagner a introduit dans son orchestre. Le journaliste cite la lettre envoyée par R. Wagner à H. Ritter à ce sujet, puis la lettre envoyée par le même au chef d’orchestre berlinois Carl Eckart pour lui manifester sa reconnaissance pour « l’exécution de ma partition si difficile » et lui demander de transmettre ses remerciements à tous les membres de l’orchestre.
