Vendredi 18 août. (18 août 1876)

Cosima Wagner Journaux

Visite, diners, agitation incroyable, le soir banquet; R., sans aucune préparation, fait un merveilleux discours et paraphrase les mots de Faust: « Tout ce qui est périssable n’est que symbole. » Il développe l’idée de l’attirance qu’exerce l’éternel féminin. Le député du Reichstag prononce un discours bien maladroit disant qu’on ne peut savoir ce que l’avenir pensera de ces œuvres, mais qu’il faut du moins reconnaître la valeur de l’effort! Ensuite, le comte Apponyi prononce un merveilleux discours, compare R. à Siegfried qui a redonné vie à la tragédie parce qu’il n’a jamais connu la peur. Magnifique. Enfin, R. porte un toast extraordinaire à mon père[1] connaîtrait Richard Wagner. – Une très belle soiréel Cependant, aucun chanteur n’y assiste à l’exception de Hill, de Mme Grün, de Reichenberg et de M. Siehr (excellent dans le rôle de Hagen) Après trois mois de travail avec R., ils n’estiment pas nécessaire de se réunir autour de lui en une telle occassion; ils seraient, dit-on, offenses qu’il n’y ait pas de rappel dans notre théâtre.


[1] Durante il banchetto, nel corso del suo discorso, RW indica improvvisamente Liszt: “Ecco colui […] senza il quale oggi forse non avreste ascoltato una sola mia nota”, e abbraccia Liszt.

[2] Questo è il celebre primo verso del Chorus mysticus, che conclude la seconda parte del Faust di Goethe, composto intorno al 1825.

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